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Le 21 avril, les résultats
du premier tour des présidentielles sont tombés INVRAISEMBLABLE
: la politique n’était alors qu’un bavardage lointain
alimenté par quelques îlots de militants, et soudain....
Ce sursaut politique n’est pas forcément la naissance
d’une conscience citoyenne et politique, pas forcement les prémices
d’un militantisme forcené, pas forcement . Sauf que la
politique à pris assise dans les discussions où elle
n’entrait pas, sauf que des personnes suffisamment nombreuses
pour que ce soit notoire ont exprimé leur désaccord
en manifestant dans les rues.
Ce jour est devenu daté, de ce qui reste à faire, à
venir, à appréhender ou à subir.
En conséquence de cela, et sans commentaire aucun, voici quelques
échantillons (qui ne sont ni des verdicts, ni des sondages)
de voix avant et de voix après. |
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| L’image
que m’inspire aujourd’hui le livre politique
est celle d’un produit commercial dont la place prise en librairie
est très limitée par le temps. Presqu’aucun
ouvrage n’intègre le fond des librairies.
En effet, le contenu est une propagande d’actualité
qui n’a plus lieu d’être une fois que l’événement
concerné est passé. Dommage.
Audrey Kugler
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“La
bouche de ceux qui n’ont pas de bouche”
Hou les vilains fumistes qui n’ont pas voté le 21 avril
!
Il me parait intéressant de relever cette admirable capacité
qu’ont nos spécialistes de la “chose politique
” de se trouver des bouc-émissaires.
Pensez donc, si Le Pen a eu tant de voix, ce n’est du tout
du fait d’un raté médiatique ou d’une
professionnalisation exagérée des politiques qui se
désintéressent plus ou moins volontairement de leurs
concitoyens, mais à cause des “ non-votants ”.
( Et moi qui pensait que c’étaient les votes qui élisaient
le représentant de notre État ).
Ce nouveau groupe “ socio-journalistique ” est affublé
de tous les vices : paresseux, égoïste, j’m’en
foutiste, fasciste... sorcier ?
On le méprisait hier, le “non-votant” on relevait
parfois son existence avec un sourire entendu (c’est qu’alors
son désespoir était tolérable : il profitait
à la gauche-droite avachie), on le conspue aujourd’hui.
Il n’est apparu dans notre monde que comme le catalyseur d’une
agressivité réorientée.
Il faut effectivement lutter contre Le Pen de toutes les manières
que l’on peut, mais cette stigmatisation, à défaut
de la compréhension que ces personnes semblaient attendre
me parait dommageable.
A populisme contre populisme, à catharsis contre catharsis
je crois malheureusement que le Front National a encore de beaux
jours devant lui.
Raphaël R.
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Très
peu accaparée par la politique actuelle, je me suis découverte
une âme de militante depuis dimanche dernier. Je veux descendre
dans la rue avec tout ce monde pour faire entendre mes convictions
et ma peur de l’intolérance et de la haine.
Il n’empêche que les politiciens n’en deviennent
pas meilleurs, et me semblent toujours aussi inintéressants.
Claudie Roosen
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| Un
rat et des hommes
Au premier tour, le bon peuple français avait le choix entre
16 candidats au pouvoir suprême d’être le chef
du pays. Le vainqueur du vote des 70% qui possède la carte
magique (mais marche aussi, la bonne vieille carte d’identité
ndr) est le gros méchant borgne. S’en suivent deux
semaines où le loft n’est plus le sujet numéro
1 de la conversation.
Personne ne s’y attendait. Ils nous avaient pourtant mis la
puce à l’oreille les gentils lofteurs ; car dès
le premier jour de leur emprisonnement, ils avaient emporté,
comme un avant goût de la situation actuelle, un rat avec
eux.
Julien |
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| La plus grosse frustration
aujourd’hui, en librairie, n’est pas de voir débouler
quinze tonnes de livres politique d’actualité, mais
bien plutôt l’absence de diversité.
En effet, les titres, les couvertures, les éditeurs qui publient
du livre politique sont d’une pauvreté sans failles
et embrigade le public et le libraire à cataloguer ce type
d’écrits (scientifiques, philosophiques, etc., et bien
sur littéraire) ? La littérature se trouve-t-elle
trop au-delà des bassesses politiques ou cela correspond-il
à un désintérêt du général
? Toujours est-il que c’est bien triste de ne pas mêler
une forme , un style intéressant aux réflexions politiques.
Est-ce que les courants de pensée occidentaux ne sont plus
au goût du jour ? (Il s’agit plus de réflexions
individuelles représentatives de l’engagement en société.)
Est-ce une autre manifestation du fait que les éditeurs ont
le pouvoir décisionnel du panel de la publication en France
?
Est-ce un désir de simplification de la mise en place et
de la vente de la part des libraires ?
Toujours est-il que étant avant tout lectrice, il me manque
le fond critique social et réfléchi en lisant un roman
et que la forme extrêmement pauvre du livre de campagne, par
exemple, me frustre.
Anne Pauline Petitjean |
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L’absurdité
m’inquiète. Cette docilité que nous avions tous
face à ce qui semblait impossible, cette capacité
d’adaptation à presque tout, cette amnésie qui
nous tient et nous fait oublier les douleurs passées et actuelles,
ce confort inconscient qui nous laisse indifférents aux autres
et nous panurgise.
Les livres sont là pour nous remettre les idées en
place puisque l’image en est incapable. Ils sont les seuls
à laisser suffisamment d’espace pour comprendre et
se souvenir, analyser et réagir.
Alors lisons ou relisons entre autres, dans le désordre et
sans modération Le Napoléon de Notting Hill de Chesterton,
Le parc des archers d’André Hardellet, La Rose Blanche
d’Inge Scholl, Primo Levi, La Question d’Alleg et plus
récemment Boire la mer à Gaza d’Amira Hass aux
éditions de La Fabrique (éditeur engagé s’il
en est encore).
Lisons, pour ne plus oublier, ces témoignages et ces fictions
qui en disent plus long que les discours politiquement corrects
et hypocrites dont les médias nous abreuvent.
La peur est l’émotion la plus dangereuse si elle inculte
et sous informée mais elle peut-être la plus salutaire.
Tremblons rien qu’à l’idée du Front National
mais de grâce sachons de quoi nous avons peur.
Et surtout votons pour que l’inimaginable ne redevienne jamais
réel.
Caroline Vigner |
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| Ce
qui me choque dans une librairie où chaque libraire
a été atterré par le résultat des élections,
rien n’a été fait. Pas de modifications de la
table d’actualité politique. On se contente d’être
bouleversé. Mais n’avons nous pas un rôle à
jouer ?
Marianna Riefolo |
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